Quizz : Connaissez-vous bien l’ostéoporose?

L'ostéoporose, maladie osseuse

L’ostéoporose, maladie osseuse à l’origine de 130 000 fractures par an en France, a des répercussions notables en termes de qualité de vie et de mortalité. Elle reste trop peu connue et sous-diagnostiquée. Et vous, connaissez-vous bien l’ostéoporose? Testez-vous!

1. L’ostéoporose est une maladie très fréquente.

C’est vrai. L’ostéoporose est une maladie osseuse très fréquente qui touche 200 millions de femmes dans le monde et 3 millions en France. Elle se caractérise par une diminution de densité osseuse et une altération de la qualité de l’os, ce qui entraîne une fragilité du squelette et un risque accru de fracture (les plus fréquentes sont celles du poignet, des vertèbres et du col du fémur). Sa fréquence augmente avec l’âge. Après 50 ans, 1 femme sur 3 et 1 homme sur 8 souffriront d’une fracture ostéoporotique.

2. Un manque d’activité physique est un des facteurs de risque d’ostéoporose.

C’est vrai. Cela fait partie des facteurs de risque modifiables, comme une alimentation déséquilibrée avec en particulier un apport insuffisant en calcium et vitamine D, un indice de masse corporelle faible (IMC<19), le tabagisme, l’alcool. Ces facteurs de risque ont une influence directe sur la biologie des os et entraînent une baisse de la densité minérale osseuse (DMO). A côté de ses facteurs modifiables, il existe des facteurs de risque d’ostéoporose dits fixes (sur lesquels on ne peut pas agir): l’âge, le sexe- les femmes sont les plus touchées- les antécédents familiaux, les fractures antérieures, l’ethnie -populations caucasiennes et asiatiques plus touchées-, la ménopause, les antécédents d’hystérectomie. Même s’ils ne peuvent pas être modifiés, il est essentiel d’avoir conscience de ces risques fixes afin de pouvoir prendre des mesures pour réduire la perte minérale osseuse. Enfin, il existe des facteurs de risque secondaires d’ostéoporose: traitement prolongé par corticoïdes, polyarthrite rhumatoïde, maladies endocriniennes…

3. L’ostéoporose se manifeste par des douleurs.

C’est faux. L’ostéoporose est une maladie silencieuse, asymptomatique. Elle évolue sans douleur jusqu’à ce qu’elle se révèle par une fracture. Des douleurs de la colonne vertébrale chez une femme ménopausée doivent faire rechercher une fracture vertébrale révélatrice d’une ostéoporose. Cependant, certaines fractures, notamment les fractures vertébrales, ne causent pas de douleurs. D’où l’intérêt du dépistage des femmes (et des hommes !) à risque.

4. Il existe un examen simple pour faire le diagnostic d’ostéoporose.

C’est vrai. On peut faire réaliser chez les femmes ayant un ou plusieurs facteurs de risque une ostéodensitométrie (absorptiométrie biphotonique à rayons X), examen simple, rapide et indolore. L’ostéodensitométrie est l’examen qui permet de mesurer la densité osseuse. Plus cette densité est faible, plus le risque de faire des fractures est élevé. La valeur de densité minérale osseuse mesurée par le densitomètre est comparée à une valeur de référence, ce qui détermine un score appelé T-score. En fonction de ce score on pourra dire si la densité est anormalement basse. Si le T-score est inférieur à -2.5, on parle d’ostéoporose. Entre -2.5 et -1, on parle d’ostéopénie. L’ostéopénie n’est pas une maladie, mais incite à rechercher tous les facteurs que l’on peut corriger pour éviter une aggravation. Pour apprécier le niveau de risque de fracture, le médecin prendra en compte cette valeur de T-score en même temps que la survenue éventuelle de fractures et l’existence d’autres facteurs de risque. L’ostéodensitométrie est un examen simple. L’appareil envoie des rayons X mais avec une intensité très faible. 2 mesures successives sont effectuées, la première au niveau du rachis et la seconde au niveau de l’extrémité supérieure du fémur.

5. Les traitements de l’ostéoporose sont peu efficaces.

C’est faux. Plusieurs traitements de l’ostéoporose ont démontré leur efficacité sur la réduction du risque de certaines fractures: fractures vertébrales et/ou fractures de hanche. (1) C’est le défaut d’observance qui rend les traitements moins efficaces. 50% des femmes arrêtent leur traitement avant la fin de la première année (2) Selon l’OMS, la mauvaise adhésion au traitement est la principale raison d’une réduction du bénéfice clinique des traitements anti-ostéoporotiques (3) et une observance inférieure à 50% entraîne une perte d’efficacité complète des traitements. (4) Un traitement au long cours correctement pris est nécessaire pour réduire le risque de fractures.
Le traitement de l’ostéoporose commune peut être envisagé en prévention primaire de complication fracturaire (avant que l’ostéoporose ne s’installe ou devant une ostéoporose densitométrique) ou en prévention secondaire (après la survenue de la première fracture). L’indication et le type de traitement prescrit sont avant tout guidés par l’évaluation par le médecin du risque qu’a la patiente de faire une fracture dans les dix ans à venir. Cette évaluation passe par la mesure de densitométrie mise en perspective avec d’autres facteurs de risque de fracture tels que l’âge, le poids, les antécédents personnels ou familiaux de fracture.

6. Une fracture chez une femme ménopausée est un signe d’ostéoporose.

C’est vrai. Il n’est pas normal de se fracturer même passé un certain âge, particulièrement après une chute de sa hauteur. Une première fracture est une première alerte à prendre au sérieux. Or, plus de 80% des femmes qui font une première fracture ne font l’objet d’aucune mesure diagnostique et n’ont pas de traitement. Les données épidémiologiques montrent que les femmes qui se cassent le col du fémur sont en priorité celles qui ont souffert d’une première fracture, des vertèbres ou du poignet par exemple. Il est donc très important que toute femme ménopausée qui fait une première fracture ait un dépistage de l’ostéoporose.

7. Une perte de taille peut être un signe d’ostéoporose.

C’est vrai. Une diminution de la taille consécutive à une déformation des vertèbres liée aux fractures peut être un signe d’alerte. En particulier, chez une femme ménopausée, toute perte de taille de plus de 3 cm par rapport à la taille à l’âge de 50 ans peut faire suspecter une ou plusieurs fractures vertébrales.

Apoline Giraudet

(1) Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Traitement médicamenteux de
l’ostéoporose post-ménopausique. Recommandations de bonne pratique/argumentaire. Actualisation 2006
(2) Rousière M. De l’importance de prendre en charge l’ostéoporose. Press Med 2011;40(10):900-9
(3) World Health Organization. Adherence to long-term therapies. Evidence for action. 2003
(4) Analyse menée chez 35 537 femmes de plus de 45 ans sous biphosphonates, base de données américains. Adapté de Siris ES, et al. Adherence to bisphosphonate therapy and fracture rates in osteoporotic women: relationship to vertebral and nonvertebral fractures from 2 US claims databases. Mayo Clin Proc 2006;61(8):1013-22.

Sources:

GRIO (Groupe de Recherche et d’Information sur les Ostéoporoses) ; International Osteoporosis Foundation-Document d’information “L’ostéoporose vous concerne” ; dossier de presse « Ostéoporose : silence, risque de fractures », AMGEN, 2011

2 Comments

    • Vous avez raison. Le silicium est indispensable à la fixation du calcium dans les os et à la production du collagène, matière première des tissus osseux. Un apport régulier en silicium favorise la minéralisation des os et des dents.

      On sait également que la diminution de la densité osseuse chez les femmes ménopausées est due à l’action de l’hormone folliculostimulante (FSH). Selon les chercheurs, un traitement à base d’anticorps anti-FSH empêcherait l’hormone d’agir. Ceci diminuerait le risque d’apparition de l’ostéoporose et le cas échéant freinerait considérablement sa progression.

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