Les chroniques d’une spasmophile

Le suffixe « philie » est issu du grec « philos », signifiant « qui aime », « qui affectionne », « qui a une affinité avec …». Cinéphilie, haltérophilie… Ces mots nous parlent, ils expriment bien l’attirance vers quelque chose… En revanche, la terminaison « phobie », du grec « phobos », sert à la construction de mots qui dépeignent une peur irrationnelle. Plus jeune, je me demandais souvent pourquoi on appelait la Spasmophilie ainsi au lieu de la nommer « spasmophobie » ou « irratiophobie »? En grandissant, j’ai échafaudé tout un tas de raisonnements : « et si Spasmophilie signifiait que je détestais avoir des spasmes alors que mon corps les aimait ?? Avoir de l’attrait pour des spasmes ? Quelle idée ! »…. Adulte, j’ai enfin compris que le mot « philios» revêtait aussi la notion d’« affection »… Et… Qu’en ce sens, il se prêtait tout à fait à l’expression d’un trouble, d’un dysfonctionnement … Je suis spasmophile.

Mais qu’est ce qu’une spasmophilie ?

Ce syndrome appelle plusieurs théories : problème d’oreille interne, menstruations, troubles du sommeil, carences en magnésium, carences en calcium, patrimoine génétique, failles psychologiques ou traumatiques… Une chose est sûre, quel que soit le déclencheur, qu’il soit primaire ou secondaire, il provoque cet état anxieux, justifié ou non, qui vous rend perméable à tout stress et vous absorbe dans un tourbillon de panique en provoquant divers symptômes : crampes, sensations de fourmillements dans les mains, sur le corps et tout le visage, secousses musculaires (fasciculation), crispation, contractures, palpitations intenses, impression d’étouffement et de suffocation, souffle court, jambes en coton, maux de tête… La vie d’un spasmophile n’est pas simple…

Il existe deux genres de spasmophilies : la spasmophilie respiratoire, connue également sous le nom de spasmophilie ventilatoire, qui s’avère être la plus fréquente, puis la spasmophilie sanguine, bien plus rare et que l’on nomme aussi spasmophilie humorale …. Le fait est que ces deux formes de spasmophilies se manifestent par les mêmes symptômes ! … Ce qui cause forcément un souci pour les différencier… Mais également pour les traiter ! Peut-on souffrir de ces types à la fois ?… Tout à fait ! Mais cela reste assez exceptionnel !

La spasmophilie respiratoire se caractérise par cette sensation d’avoir le souffle court ou « courte haleine », qui va nous démunir de notre précieux dioxyde de carbone (CO2) rompant ainsi l’équilibre acido-basique de votre sang, dont le pH oscille normalement entre 7,38 et 7,42. Lorsque notre sang ne possède pas assez de dioxyde de carbone, il devient plus basique, provoquant ainsi ce que l’on appelle une alcalose métabolique. Ce que cela implique ? … L’arrivée intempestive de la si redoutée crise de spasmophilie…

Les causes de l’« haleine courte », dans la spasmophilie respiratoire, peuvent être de différentes natures :

Neurogène : Sensation forte de sports extrêmes, réaction de fuite lors d’un incendie ou d’une agression… Lorsque nous sommes dans un état anxieux ou de stress, les glandes surrénales produisent une quantité accrue d’adrénaline, libérée instantanément. Dans la crise de spasmophilie respiratoire, le souci est que le corps n’évacue pas cette adrénaline, car il n’y a pas à proprement parler, de situation de danger. En somme, notre cerveau envoie un signal d’alerte à notre corps, celui-ci réagit en produisant cette hormone, pour se préserver, comme s’il était en situation de danger, mais n’a pas de moyen de s’en débarrasser… C’est donc la crise… Tout le système nerveux neurogène dépend de la façon dont nous appréhendons notre stress. C’est là que tout se joue !

Génétique : 18% de la population posséderait une faiblesse d’ordre génétique au niveau des groupes tissulaires « HLA B35 ». Ces derniers ne permettraient pas aux cellules de retenir le magnésium en quantité suffisante pour le corps. Résultat ? L’organisme développe une plus grande vulnérabilité au stress puis un état d’hypersensibilité neuromusculaire et affective… Provoquant alors les crises de spasmophilie.

Que faire en cas de spasmophilie ventilatoire ? 3 astuces pour apprendre à vous servir de ce que vous avez sous la main en cas de crise : Coquille, tube, sachet : ces trois méthodes visent à réguler votre respiration : vous ré-inspirez le dioxyde de carbone qu’il vous manque, jusqu’à rétablir l’équilibre. Dans les trois cas, le principe est de surtout ne pas s’affoler. Lorsqu’une crise survient, pensez méthode ! La crise peut s’avérer violente parce que plus vous manquez d’air, plus vous paniquez, et plus vous paniquez, plus vous manquez d’air… Un cercle vicieux que l’on peut parvenir à maîtriser en rationnalisant ses mouvements et en se concentrant uniquement là-dessus… En tous cas, ça a marché pour moi…

Coquille : rapprochez vos mains et formez une coquille de façon à envelopper votre nez et votre bouche, puis respirez le plus lentement et le plus profondément possible.

Tube : enroulez un magazine de façon à former un long tube et placez-le au niveau de votre bouche comme vous le faisiez pour souffler dedans enfant, inspirez par le nez, puis soufflez à travers votre rouleau par la bouche.

Sachet : optez de préférence pour un sac en papier, positionnez-le de manière à avoir le nez et la bouche dedans, puis respirez.

La solution se trouve dans la gestion du stress ! Pour cela, différentes options vous sont proposées : L’homéothérapie, mais également les benzodiazépines, anxiolytiques puissant dont les effets provoquent souvent une forte accoutumance. L’alternative naturelle aux médicaments à base de benzodiazépines de synthèse se trouve assurément dans l’association fleurs de houblon-racines de valériane. Ces deux végétaux, à la seule condition qu’ils soient combinés, offrent une action similaire aux benzodiazépines, sans effets sédatifs résiduels du lendemain ou inconvénients de dépendance….

Par ailleurs, adoptez quelques nouvelles pratiques dans votre mode de vie : diminuez votre consommation d’alcool, pratiquez une activité sportive, rythmez mieux votre sommeil, dormez à des heures régulières et suffisamment, apprenez à bien respirer, évitez les repas trop copieux le soir, multipliez les séances de relaxation, massage, acupuncture ou yoga, apprenez à vous reposer et à vous détendre, consommez des aliments riches en calcium et en magnésium, testez la PNL (programmation neurolinguistique) ou même la kinésiologie.

La spasmophilie sanguine, est quant à elle, provoquée par le déficit important de calcium ou « hypocalcémie ». Le calcium et le magnésium sont des oligo-éléments et minéraux essentiels à la contraction musculaire. Lorsque l’hypocalcémie survient, les muscles se contractent, mais ne peuvent plus se distendre, si bien que vous ressentez ces crispations désagréables appelées « spasmes musculaires ». Eeet prudence, l’hypocalcémie peut parfois conduire au syndrome de tétanie !

Qu’est-ce qui provoque une hypocalcémie ?

  • Le manque de consommation de produits riches en calcium (produits laitiers), les carences en vitamine D, tout simplement parce que sans celle-ci on ne peut pas assimiler le calcium.
  • L’hypocalcémie peut être causée par insuffisance ou absence de glandes parathyroïdiennes, situées initialement derrière la thyroïde et fortement impliquées dans la régulation du taux de calcium dans le corps.
  • L’insuffisance rénale car les reins participent à la régulation du taux de calcium.
  • La prise de médicaments IPP (Inhibiteurs de la Pompe à Protons) : l’acide gastrique est indispensable à l’assimilation du calcium, les IPP étant des inhibiteurs de sucs gastriques, le calcium ne peut être absorbé de façon correcte.

Sachez que lorsque vous présentez des carences en calcium, l’équilibre avec le magnésium est rompu, ce qui engendre également des déficiences en magnésium.

Comment agir ? On peut véritablement influencer ce type de spasmophilie en comblant les carences via des compléments alimentaires, combinant les 3 nutriments en cause dans la spasmophilie : Calcium, magnésium, vitamine D.

En milieu hospitalier, lorsque l’hypocalcémie provoque des crises de tétanie, on procède le plus souvent à des injections intraveineuses de gluconate de calcium.

Comment savoir de quel type de spasmophilie vous êtes la proie ?

Vous avez la possibilité d’effectuer cette distinction par :

Prise de sang : les résultats d’analyse vous donneront très exactement les informations nécessaires.

Test de Trousseau : lors d’une crise de tétanie, les doigts se collent les uns aux autres, se replient en prenant une forme de tête de canard, aussi appelée « main d’accoucheur » dans le jargon médical, puis les mains remontent en direction de l’avant bras.

Signe de Chvostek : au niveau de la commissure située entre la lèvre et l’œil, le médecin donne un petit coup à l’aide d’un appareil à réflexe. Si le muscle de la lèvre se contracte et remonte, le test du signe de Chvostek est positif.

8 Comments

  1. Bjr
    Je suis en hyperthyroidie qui remonte tout douecement. Ma thyroxine est revenu a la normal mais ma tsh remonte rout doucement. Je fais de la spasmophilie sans crise de tetanie. Jai bcp de spasmes et dangoisse. Jexagere des situations. Es ceque sa peut etre du a ma thyroide ?

    • Bonjour Madame,

      En effet c’est tout à fait plausible. L’hyperthyroïdie peut causer de la spasmophilie et des réactions d’exagération , il faut bien vérifier à ne pas manquer de calcium en ce cas

      Bien à vous
      Cyrielle K , votre Docteur en pharmacie

  2. bonjour
    J’ ai fait une grosse crise samedi paralysie des jambes et doigts respiration halletante, j’ai cru que j ‘allais mourir! en plus il m’ont mis de l’oxygène et c’était pire.
    L medecin m ‘a donne du caltrate vit D3 et du magnesium ainsi que du lysancsia.
    C’etait ma premiere crise et j’ai peur que cela recommence !
    Est ce qu’il ne peut y en avoir qu’une? Je vais dautre part acheter le coral calcium
    brigitte

    • C’est un excellent choix. Le supplément « coral calcium » renferme une forme « chélatée » de magnésium. L’amino-chélation est une technique spécifique grâce à laquelle une molécule de magnésium est liée à deux molécules d’acide aminé glycine. Cette structure « transforme » le magnésium en une forme parfaitement assimilable par l’organisme. Elle n’interagit pas avec des nutriments ni avec des médicaments. Les personnes souffrant de spasmophilie peuvent renforcer l’effet relaxant du magnésium en prenant conjointement de la taurine.

  3. Merci pour cet article très complet. Je ne savais pas qu’il y avait deux types de spasmophilie. Personnellement j’ai trouvé que la relaxation et la méditation m’avaient beaucoup aidé à faire face à mes crises lorsque j’étais adolescent. À cette époque j’avais dû faire appel à un thérapeute qui, après trois séances, m’avait donné assez d’outils pour pratiquer afin de faire face mes crises d’angoisse.

  4. Super article ! Très bien expliqué !
    Cependant les aliments les plus riches en calcium ne sont pas les produits (dont le calcium est peu assimilable), mais le sésame, le chou, les sardines, les amandes, le soja et les noisettes 🙂

      • Bonjour, je suis spasmophile également. Je me sens bien dans ma tête pour le moment, j’ai un bon moral et pourtant j’ai du mal à respirer! J’ai vécu pas mal de visés difficiles ces dernières années et je pense que j’ai été un peu loin physiquement. Je n’ai malheureusement pas repris mon magnésium à temps et j’ai beaucoup du mal à m’en sortir! Je prends 6 metarelax par jour, calmigem et plasma de quinton hypertonique tous les matins. Parfois sedistress en plus. Mais ça ne fait pas grand chose! Que me conseilleriez-vous en complementation? On m’a parlé aussi du Gaba. Merci pour votre réponse!!! Delphine

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.




Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.