Les dangers des benzodiazépines

benzodiazepine

Un Français sur cinq se fait prescrire un cachet pour dormir et un sur trois, pour calmer ses angoisses, note l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM). Figurant au deuxième rang des pays européens juste derrière le Portugal, l’Hexagone reste accro aux benzodiazépines. Or, les benzodiazépines ne sont pas des médicaments anodins, loin de là…

Que sont les benzodiazépines ?

Les benzodiazépines (BDZ ou benzos) réunissent une vingtaine de médicaments ayant une structure moléculaire similaire. Elles sont classées en quatre grandes familles : anxiolytiques (anti-anxiété), somnifères (hypotoniques), myorelaxants (décontractants) et antiépileptiques (anticonvulsifs). Valium, Séresta, Xanax, Témasta, Lexomil, Noctamide et Rivotril sont les benzodiazépines les plus prescrites.

Comment agissent-elles ?

La plupart des benzodiazépines agissent en renforçant l’action d’un messager cérébral : le GABA (acide gamma-aminobutyrique). Dans l’univers du cerveau, le GABA diminue l’activité des cellules nerveuses sur lesquelles il se fixe : il est en quelque sorte un hypnotique naturel voire un véritable frein du corps. Cette action tranquillisante est augmentée par la prise de benzodiazépines, qui exercent une influence calmante supplémentaire sur le cerveau. Les effets des benzodiazépines dépendent de plusieurs facteurs tels que l’état psychologique du patient, la posologie, la fréquence de la prise, la voie d’administration, la demi-vie du médicament et la consommation simultanée d’alcool.

Comment les benzodiazépines influencent-elles sur la qualité de mon sommeil ?

Le sommeil est organisé selon trois phases qui comprennent le sommeil léger, le sommeil lent (profond) et le sommeil rapide (paradoxal). L’alternance entre ces phases forme un cycle de sommeil qui s’étale sur un peu près 90 minutes. Une nuit complète correspond généralement à 4 ou 5 cycles, soit l’équivalent de 6 à 8 heures de sommeil. Les benzodiazépines perturbent le déroulement adéquat d’un cycle du sommeil: elles raccourcissent la phase profonde, toute en allongeant la phase légère. Or, la phase profonde est la phase clé d’un cycle du sommeil, essentielle à la récupération de la fatigue physique, au renforcement du système immunitaire, à la sécrétion des hormones et à la consolidation des appris. Malgré toute estimation subjective positive, le sommeil obtenu à l’aide d’une benzodiazépine est moins réparateur qu’un sommeil naturel.

Qu’en est-il des effets secondaires des benzodiazépines ?

Parmi les effets secondaires les plus fréquents citons la somnolence durant la journée, la désorientation dans l’espace, la maladresse, le ralentissement dans l’apprentissage d’une nouvelle information, l’altération de la mémoire, de la vigilance et de la capacité de conduire, sans oublier la dépendance psychique, sensation extrêmement désagréable en cas d’oubli de la prise d’un comprimé.

Il est également important de préciser que la sensibilité aux benzodiazépines augmente avec l’âge. Les personnes âgées qui prennent ces médicaments peuvent éprouver plus facilement une confusion et une réduction de la coordination des muscles, ce qui peut augmenter le risque de chutes, de fractures et d’un accident de voiture.

Combien de temps puis-je prendre une benzodiazépine ?

Si une benzodiazépine est prescrite, il convient d’utiliser la plus faible dose possible et ce, pour une durée maximale d’une semaine. L’administration intermittente de benzodiazépines (par exemple tous les 2-3 jours pendant 1 à 2 semaines) ne pose pas de problèmes d’accoutumance. Cependant, la moitié des patients prennent des anxiolytiques et des somnifères pendant plus de deux ans consécutifs. Or, la durée maximale recommandée par l’ANSM s’élèvent de douze semaines pour les premières, de quatre semaines pour les secondes.

J’ai décidé de cesser d’utiliser ma benzodiazépine… que faire ?

L’arrêt brutal du traitement par des benzodiazépines entraîne ce que l’on appelle le syndrome de sevrage. Les manifestations comprennent un rebond (retour) de l’insomnie ou des angoisses, une irritabilité, une agitation, des tremblements, de la faiblesse musculaire, des hallucinations voire des idées suicidaires. C’est pourquoi, il est important de diminuer progressivement la consommation de ces médicaments et de bénéficier d’un suivi médical pour cette démarche. Les modalités d’arrêt des benzodiazépines doivent être adaptées au cas par cas, en fonction des besoins, des attentes et surtout, du degré d’accoutumance du patient.

Existent-ils des médicaments alternatifs ?

Les dérivés des benzodiazépines (Z-drugs) tels que Zopiclone, Zolpidem et Zaleplon respectent mieux l’architecture du sommeil et sont également mieux tolérés. Cependant, ils exposent au même risque d’accoutumance et de dépendance que les benzodiazépines classiques.
Une nouvelle molécule, appelée Aka-XB 197 ou Emapunil, suscite un intérêt croissant. L’Emapunil augmente la production d’alloprégnanolone, neurostéroïde qui se fixe aux récepteurs GABA. Par conséquent, on lui associe des propriétés sédatives et somnifères qui, comparativement aux benzodiazépines, n’entrainent pas de dépendance.

Qu’en est-il des remèdes naturels ?

La prise d’un mélange de racine de valériane et de fleur de houblon durant 2 semaines diminue le temps d’endormissement, augmente la durée de sommeil et réduit le nombre de réveils nocturnes. Cette préparation s’avère aussi efficace qu’un médicament à base de benzodiazépines de synthèse, sans effets sédatifs résiduels le lendemain matin (1). Selon une étude plus récente, une phyto-préparation à base d’extraits standardisés de valériane, de houblon et de passiflore se révèle équivalente au Zolpidem pour améliorer la perception de la qualité du sommeil des participants (2).

J’ai entendu parler de la mélatonine…

La mélatonine est une hormone naturelle produite par le cerveau de la tombée de la nuit au lever du jour. Cette molécule joue un rôle primordial dans la synchronisation des cycles du sommeil. La mélatonine a montré un intérêt dans le sevrage des personnes dépendantes aux benzodiazépines. Elle pourrait les aider à retrouver un rythme normal sans souffrir d’un état de manque. La prise de 2 mg mélatonine à libération prolongée pourrait faciliter le sevrage d’une benzodiazépine sur 6 semaines (3). Au cours d’une autre étude les participants prenant des doses élevées de benzodiazépines ont pu complètement cesser le traitement lorsqu’ils se supplémentaient en mélatonine à raison de 5 mg par jour (4).

Références:
1. Schmitz M, et al. Comparative study for assessing quality of life of patients with exogenous sleep disorders (temporary sleep onset and sleep interruption disorders) treated with a hops-valarian preparation and a benzodiazepine drug. Wien Med Wochenschr. 1998;148(13):291-8.
2. Maroo N, et al. Efficacy and safety of a polyherbal sedative-hypnotic formulation NSF-3 in primary insomnia in comparison to zolpidem: a randomized controlled trial. Indian J Pharmacol. 2013 Jan-Feb; 45(1):34-9.
3. Garfinkel D, et al. Facilitation of benzodiazepine discontinuation by melatonin: a new clinical approach. Arch Intern Med. 1999 Nov 8; 159(20):2456-60.
4. Garzón C, et al. Effect of melatonin administration on sleep, behavioral disorders and hypnotic drug discontinuation in the elderly: a randomized, double-blind, placebo-controlled study. Aging Clin Exp Res. 2009 Feb; 21(1):38-42.

 

Bisglycinate de magnésium Bisglycinate de magnésium Bisglycinate de magnésium
Happy Night à base de mélatonine
Valeriane et Houblon – réveil nocturne
Valeriane et Passiflore – difficulté endormissement
Les dangers des benzodiazépines
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23 Comments

  1. Je suis en dépression chronique et cela depuis 35 ans, aucun des médicaments ne m’est étranger je les connais tous et on revient aux annciens Tofranil m’a été prescrit il y a au moins 20 ans. Depuis beaucoup ont été enlevé du marché. Jai fait une hépatite médicamenteuse. De nombreuses tentatives de suicide résolues par une bonne psycologue. Ma fille est cmme moi, il faut dire que dans la famille c’est héréditaire. Elle s’est defenestrée 2 fois. Voyant ce que j’étais devenue, elle a décidé de ne pas suivre mon exemple et de ne pas prendre de médicament. C’est elle qui a raison. Depuis 15 ans, elle travaille avec un poste à responsabilité, à poursuivie une vie normale avec une magnifique petite fille de cinq ans, elle se marie en Juin. Et même si elle n’est pas à l’abri d’une rechute, elle ne se considère pas comme moi, handicapée sociale. A force, les médicaments d’eux même ne font plus aucun effet, aussi j’ai décidé de me sevrer par les plantes, c’est très difficile mais pas plus que tout ce que j’ai enduré pendant toutes ces années de dépendance à ces drogues. Car lorsque plus rien ne marche c’est les électrochocs, j’en ai fait, euphorique je me suis lancée das des dépenses folles, pour finalement retomber en dépression. Rien ne marche si ce n’est que l’amour, et la parole dont nous avons extrêmement besoin. Je pense m’en sortir à 71 ans, tant d’années perdues en vain et peut-être pourrai-je éviter les idées suicidaires qui revenaient et surtout à mon age la maladie d’Alzheimer. Si comme moi vous êtes résistante à toutes ces drogues, le psy sera tenté de vous prescrire des neuroleptiques. Alors là, j’allais devenir un légume et j’ai pris 20 Kg pour ne pas aller mieux, loin de là. Alors, réfléchissez il n’est jamais trop tard tant qu’à souffrir ça vaut le coup d’essayer les remèdes naturels sans effet secondaire. Chaque cas est différent et la méthode aussi, , la mélatonine a aidé bien des gens aussi ont baissé le pourcentage autorisé. Comme quoi, on ne cherche pas à ce qu’on s’en sorte, pour ne pas pénaliser les laboratoire. Ne faites confiance en personne d’autre que vous même. J’ai rencontré une bonne dizaine de psy aucun ne m’a aidé mais plutôt enfoncé dans la maladie. Et les patients y sont le plus souvent depuis plus de 20 ans sans résultat.

  2. Bonjour,
    Merci de vos précieux conseils, je voulais vous poser une question, depuis quelques temps, je prends du tryptophane, pour dormir, je voulais savoir si je pouvais l’associé, avec du Gaba,comme vous le savez on Acid aminés, merci de votre réponse. Cordialement

  3. Bonsoir,
    Je prends du stilnox depuis 10 ans. J ai essayé maintes et maintes fois de réduire le cachet à un demi, mais je n arrive pas à descendre plus bas. Je dors mal, suis toujours fatiguée, j aimerais trouver une alternative à ce médicament, je sais pertinemment qu il est nocif, mais pour l instant il est ma seule possibilité de sommeil.(Même de mauvaise qualité avec une récupération lamentable )

    • Bonjour, merci de de votre demande, mais malheureusement nous ne pouvons pas nous substituer à un avis médical. Je vous invite à prendre conseil auprès d’un professionnel de santé. Cordialement.

  4. Bonjour, diabétique type 1 depuis 23 ans , on a m’a presçrit du Rivotril pour ma neuropathie diabétique en plus du Lyrica…a cause de cette salete de Rivotril, entre autre, j’ai perdu bcp de dents…j’ai 62 ans et j’ai de nombreux trous de mémoire. Je suis tout à fait consciente du danger de ce neuroleptique, mais apparemment´, aucun autre médicament ou plantes ne peuvent le remplacer et atténuer les brûlures de mes membres inférieurs…quelqu’un aurait il la même expérience et pourrait m’aider?

    • Bonjour, merci de de votre demande, mais malheureusement nous ne pouvons pas nous substituer à un avis médical. Je vous invite à prendre conseil auprès d’un professionnel de santé. Cordialement.

  5. Bonjour ,
    Merci de nous éclaircir sur le sevrage des benzo,
    Et donc moi même étant un consomatteur depuis 4
    ans en petite dose de 0.25 mg/1 fois par jour ,et dieu seul c’est
    A combien j’en souffre même a petite dose, et j’ai voulue me sevrer car mon sommeil n’est plus reparateur et donc je suis perdue ,je n’arrive plus a dormir avant 04h00 du matin et lendemain c’est l’enfer, et je voudrais que vous m’aidiez afin de savoir que faire ?ont ma donner le pure valeriane+ Mais je sais pas si je peux la prendre en sevrage avec le xanax ?aidez moi svp

    • Bonjour, malheureusement nous ne pouvons pas nous substituer à un avis médical. Je vous invite à prendre conseil auprès d’un professionnel de santé. Cordialement.

  6. Bonjour,
    Votre blog est vraiment très utile, sérieux et rare.
    Franchement merci pour les conseils et données scientifiques apportés.

    Cependant je me ( et vous ) demande si c’est ne bonne idée alors de consommer du thé de Camomille, en tant qu’ados « soufrant de troubles du sommeil » par exemple sachant que cela contient des benzodiazépines ?

    Merci d’avance pour votre réponse.

    PEACE !

    • Bonjour,
      Je vous remercie de votre question. Certaines plantes comme le kava kava, la camomille allemande, la ballote, l’ashwagandha, la passiflore, la mélisse, la lavande, le pavot de Californie, la verveine, le houblon sont dotées de propriétés « GABA-ergiques ». C’est-à-dire qu’elles agissent de façon similaire aux benzodiazépines. Par conséquent, les effets anxiolytiques, hypnotiques et somnifères de ces plantes peuvent s’ajouter à ceux des médicaments sur l’ordonnance. Cependant, ces effets ne sont pas suffisamment puissants pour réduire de manière marquée l’anxiété inexplicable ou lutter contre l’insomnie d’endormissement. Toutefois, il est recommandé, par précaution, d’espacer la prise d’une benzodiazépine et d’une préparation à base des plantes « GABA-ergiques » de minimum 6 heures.
      Cordialement

      • Merci de votre réponse.

        Donc si je suis votre conseil…je n’aurai pas de risque de développer un Alzheimer ?

        En effet, ce qui contient des benzodiazépine augmente ce risque d’après plusieurs sources médicales ( cf : http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-la-camomille-est-elle-efficace-pour-bien-dormir-_14573.html,et autre…). Et la camomille est un facteur favorisant cette maladie…

        Désolé de demander cela de manière si abrupte….

        Dans l’espoir d’une réponse
        Merci.

        • C’est une excellente question! Selon les études, une prise quotidienne pendant plus de 6 mois de certaines benzodiazépines (constituées d’ailleurs d’un seul principe actif, présent en très grande quantité) augmente le risque de maladie d’Alzheimer de 60 à 80 %. L’impact de nombreuses substances bioactives contenues dans la camomille sur l’évolution de la démence n’a pas encore été étudié. Il est cependant peu probable qu’une consommation irrégulière de cette plante (de temps en temps) sous forme d’infusion ou de gélule puisse accélérer le développement de la maladie.

    • Les huiles de lavande,de camomille et d’arnica s’utilisent en massage, tandis que les extraits de griffe du diable ou de pavot de Californie par voie orale. Par exemple, plus de 60 % des patients souffrant de lombalgies (douleurs chroniques au bas du dos), traités par des extraits standardisés (ES) de griffe du diable, tirent bénéfice du traitement. Parmi eux, la diminution de la douleur était estimée à 80 % au bout de 2 à 3 mois, effet qui se maintenait au cours de l’année de traitement. Les extraits standardisés renferment une concentration déterminée, constante et supérieure en substances bioactives anti-inflammatoires, analgésiques et décontracturantes. Inutile d’opter pour les herbes fraîches ou hydrolysées/broyées. Il est également important de souligner que contrairement aux myorelaxants classiques,les remèdes naturels n’agissent jamais de façon directe. Une cure de 8 à 12 semaines est necessaire pour que la pleine efficacité soit atteinte.

  7. Bonjour,

    Sujet a beaucoup de probleme de dos par quoi me conseillez vous de remplacer les myorelaxant qui me décontractent bien et donc calme la douleur?
    Merci

    • Bonjour,

      Parmi les remèdes naturels dotés de propriétés myorelaxantes et analgésiques citons les huiles de lavande,de camomille et d’arnica, pavot de Californie, verveine, scutellaire et griffe du diable.

      Cordialement,

  8. Jétais migraineuse. On ma prescrit du rivotril. J’en prends depuis plus de 50 ans j’ai 78 ans. J’en prenais un le matin, un le soir. J’ai arrêté celui du matin, seule. Ca c’est bien passé. J’aimerais arrêter celui du soir, mais je sais que je vais mal (ou pas du tout dormir). Que me conseillez vous????? Mon médecin, depuis 17 ans, a continuer ce traitement…….il s’en fiche,ce n’est pas lui qui me conseillera Hélas

    • Pensez à la mélatonine. La mélatonine, hormone naturelle du sommeil, est une aide non-négligeable dans le traitement de l’insomnie, de la migraine, des acouphènes et autres affections handicapantes pour lesquelles la médecine conventionnelle reste impuissante.

  9. Bonjour!
    Félication pour votre sujet qui malheuresement ne fait pas trop écho dans la population ,et encore moins dans le corps médical(on s’en étonnera pas..)
    En vous lisant,vous oubliez les anti-dépresseurs prescrits à tour de bras,sans compter les neuroleptiques prescrits également de la même façon.
    Je connais ce problème personnellement,puisqu’on m’a prescrit des anti-dépresseurs (pour 1 dépression réactionnelle) que j’ai refusé de prendre,et mon état ne s’est pas dégradé.D’autre part, je pourrai vous citer 1 foule de benzodiazépines(atarax,loxapac,séresta,stilnox,déroxat,lepticur,léponex,clozapine,etc.etc..tout çà pour vous dire que je vois tous les jours les effets sur des personnes vulnérable;s qui avalent ces médicaments prescrits de façon abusive,tout comme ces médicaments prescrits chez les personnes âgées en maison de retraite..
    Si nous sommes La France,le pays le + consommateurs de benzodiazépines,interrogons-nous sur les facilités de prescription,et sur la connivence des laboratoires..
    Toujours est-il que les effets sur la santé à long terme, sont redoutables sur les personnes et on peut se demander si 1 lien existe avec certaines maladies cognitives comme la maladie d’Alzheimer..

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